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Accueil > Publications > Revue des études slaves > Sommaires et résumés > RES 85/2 (2014)

Résumés

par Astrid Mazabraud - publié le


BUDARJOWA Ludmila
Présidente de l’Association scolaire sorabe, Budyšin / Bautzen

The Sorbian Language at School : Abbreviations Witaj and 2plus ?

Both words designate a new concept referring to an institutional system which enables the teaching of the Sorbian language from the nursery school to the general school certificate, i.e. in Saxony upper Sorbian and in Brandenburg lower Sorbian.
The Sorbian School Association (SŠT) initiated a program meant for kindergardens, where children learn Sorbian by means of full immersion. This program, for which the Association bears the responsibility, was developed from 1998 onward. A basic principle, Witaj evolved into the concept 2plus, which led to reinforce the teaching of Sorbian at a higher level thanks to bilingual classes.
The Saxon State Ministry of Sport and Culture has extended the system 2plus in cooperation with the Sorbian specialists and the Sorbian School Association, and a scientific evaluation took place for the period 2002-2010.
In 2010-2011 the number of pupils from the first up to the twelfth grade amounts to 2432 in Saxony and 1 713 in Brandenburg. About 1.000 children learn Sorbian in the nursery schools.

Le sorabe à l’école : les sigles Witaj et 2plus

Ces deux mots désignent un nouveau concept, qui renvoie à un système institutionnel permet­tant l’enseignement du sorabe du jardin d’enfants jusqu’au diplôme de fin d’études, c’est-à-dire en Saxe du haut-sorabe et dans le Brandebourg du bas-sorabe. L’Association scolaire sorabe (SŠT) a lancé un programme à destination des jardins d’enfants, par lequel les enfants apprennent le sorabe grâce à la méthode de l’immersion. Ce programme, dont l’Association a la responsabilité, a été mis sur pied à partir de 1998. Le principe de base, Witaj, a donné le concept 2plus, qui a mené à renforcer l’enseignement de sorabe au niveau supérieur grâce à des classes bilingues. Le ministère saxon du Sport et de la Culture a étendu le système 2plus en coopération avec les spécialistes sorabes et l’Association scolaire sorabe, et une évaluation scientifique a eu lieu pour la période 2002-2010.
En 2010-2011 le nombre d’élèves s’élevait du CP à la Terminale à 2 432 en Saxe et à 1 713 dans le Brandebourg. Environ 1 000 enfants apprennent le sorabe dans les jardins d’enfants.


DOŁOWY-RYBIŃSKA Nicole
Académie polonaise des sciences, Budyšin/Bautzen

Are Sorbs a ‘model minority’ ?

Sorbs are often defined as a ‘model minority’. However, this definition has detrimental conse­quences for this minority. With the collapse of communism and of a state which had subsidized the Sorbs but subjected them to folklorization, and with the subsequent German reunification, Sorbs had to begin to decide themselves what their future would be : how to apply for their rights, for subsidies and how to protect their culture and languages. However, the Sorbian attitude can be characterized as passive : they do not initiate new actions, do not always utilize the possibilities of raising funds and they wait for changes in the law instead of taking advantage of those already in force. The Sorbian culture has been shutting itself off from the modern world, slowly becoming an ethnographical culture. As such, it hardly attracts young people who will be responsible for the future of Sorbian culture and languages. If Sorbs and their languages are to survive there is a need for positive, grass-root action instead of complaints about insufficient protection by the state.

Les Sorabes sont-ils “une minorité modèle” ?

Les Sorabes sont souvent définis comme étant une “minorité modèle”. Or cette définition a pour cette minorité des conséquences négatives. Avec la chute du communisme et d’un État qui les avait subventionnés mais réduits à la folklorisation, ainsi que la réunification de l’Allemagne qui a suivi, les Sorabes durent décider de leur avenir, c’est-­à-dire comment faire valoir leurs droits, demander des subventions et comment protéger leur culture et leur langue. Néanmoins, l’attitude des Sorabes peut être caractérisée par la passivité : ils ne prennent pas de nouvelles initiatives, ne profitent pas toujours des possibiltés qui existent de recourir à des financements et attendent que les lois changent au lieu de faire pression pour obtenir l’application de celles qui existent déjà. La culture sorabe s’est coupée du monde moderne pour devenir peu à peu une culture ethnographique. Elle ne peut comme telle attirer les jeunes qui doivent assurer l’avenir de la culture et de la langue sorabes. Si les Sorabes et leurs langues doivent survivre, il leur faut agir positivement sur le terrain au lieu de se plaindre que la protection de l’État est insuffisante.


ELA/ELLE Ludwig
Institut sorabe, Budyšin / Bautzen

Legal and Political Situation of Lusatian Sorbs : The Most Recent Developments

Since 1948 Lusatian Sorbs are recognized as a national minority by the German state. In Brandenburg and Saxonia the Sorbian minority is protected by special articles of the constitution and further legal clauses. There are Sorbian cultural, research and educational institutions and media. The usage of Sorbian languages in town councils and government offices is protected by law. Approx. 4,000 pupils learn Sorbian ; however the number of Sorbian speaking people is declining. In 1991 a ‘Foundation of the Sorbian People’ was founded aiming at the support and promotion of the Sorbian culture (Budget from 2009 to 2013 : 16.8 million Euro annually).
The “Domowina”, an umbrella organization of Sorbian associations founded in 1912, represents the political and cultural interests of the Sorbs. A number of Sorbs are also active in German political parties, fill seats in local and federal parliaments or are engaged in other associations of the civil society.

Situation juridique et politique des Sorabes de Lusace : derniers développements

Depuis 1948 les Sorabes de Lusace sont reconnus par l’État allemand en tant que minorité nationale. Au Brandebourg et en Saxe, la minorité sorabe est protégée par des articles particuliers de la constitution et d’autres dispositions légales. Il y a des institutions sorabes concernant la culture, la recherche et l’éducation, ainsi que des medias. L’usage des langues sorabes dans les mairies et les services officiels est protégé par la loi. Environ 4 000 élèves apprennent le sorabe, mais le nombre de locuteurs est en baisse. En 1991 une “Fondation pour le Peuple Sorabe” a été créée afin de soutenir et de promouvoir la culture sorabe (dotation annuelle de 2009 à 2013 : 16,8 millions d’euros).
La Domowina, organisation regroupant les associations sorabes fondée en 1912, représente les intérêts politiques et culturels des Sorabes. Un certain nombre de Sorabes sont actifs au sein des partis politiques allemands, siègent dans les parlements locaux et fédéraux ou participent à des associations dans la société civile.


KUDELA Jean
INALCO

A Sorbian Saga

The title of Křesćan Krawc’s novel is Paradiz (Paradise). It is a place in the serbska hola, a sandy moor lying between High and Low Lusatia and a family property. It is also the story of the Šewces, a Sorbian family who is a kind of dynasty running from the grandfather down to the grandson Jan Pawoł, named Jank, i.e. the story-teller. The world is seen through a child’s eyes, i.e. with naivety and sobriety, with a realistic approach, without prejudice of any kind nor ideological tendency. The background is a rural society that has kept a strong identity as well as its ways of living, thinking and speaking. Some taboos may be lifted here and there. The narration develops like a film and the sequences correspond to the feeling a child has of time, but History remains the red thread : the war, the postwar, the socialist society of the GDR. At the heart of the narrative we find the child, a brave mother and an enterprising father who is a true Sorbian patriot.

Une saga sorabe

Le titre du roman de Křesćan Krawc est Paradiz (le Paradis), c’est un lieu, une propriété familiale comprenant une maison, une petite usine et un jardin dans la serbska hola, la lande sablonneuse entre Haute et Basse-Lusace. C’est le roman d’une famille sorabe, la famille Šewc, une sorte de dynastie, depuis le grand-père jusqu’au petit-fils Jan-Pawoł, qui apparaît comme enfant sous le nom de JanEk, le narrateur, derrière lequel on devine l’auteur. C’est le monde et l’Histoire vus par les yeux d’un enfant, c’est-à-dire naïvement, mais sobrement, avec réalisme, sans concessions, sans parti pris idéologique. On y voit une société paysanne qui a conservé une forte identité, ses modes de pensée et sa façon de parler. Chemin faisant, des tabous sont d’ailleurs levés. La narration se déroule comme un film dont les séquences correspondent au temps de l’enfant, entre une mère courageuse et un père patriote et entreprenant, même si l’Histoire reste la trame du récit : la guerre, l’après-guerre, et la RDA socialiste.


MACIJOWA Marka
Maison d’édition Domowina, Budyšin/Bautzen

Domowina Editions from 1947 to nowadays

The Domowina Press (LND) was founded in 1958. Since then, it released all necessary publications for the Sorbian people : belles-lettres, non-fiction, scientific literature, journals and teaching materials. Due to the low number of copies for each edition, the LND received a state subsidy. The GDR publishing sector had to cope with a very rigid political censorship.
The turnaround in 1989/1990 brought liberation from ideological restraints and freedom of speech to the Sorbian press. But then, the LND was downsized and new ways of distribution had to be found. These necessities led to the founding of the bookstore ‘Smolerjec kniharnja’. Books, newspapers, and journals are released today in Upper Sorbian, Lower Sorbian and German. A number of writers such as Jurij Brězan (1916-2006), Jurij Koch (*1936) or Kito Lorenc (*1938) belong to the most important authors of the LND. In 2011, the LND released its first e-book. Today, the Foundation for the Sorbian people annually supports the publication of Sorbian literature up to 2,58 million euro.

La maison d’édition Domowina de 1947 à nos jours

La maison d’éditions Domowina a été fondée en 1958. Elle a depuis publié tout ce dont avait besoin le peuple sorabe : littérature, essais, publications scientifiques, revues et matériaux pédagogiques. Étant donné les faibles tirages, la maison d’éditions LND fut subventionnée par l’État. Les publications étaient en RDA soumises à une très sévère censure d’ordre politique. Le tournant des années 1989/1990 mit fin aux contrôles idéologiques et apporta à la presse sorabe la liberté d’expression. Mais LND se vit alors réduite et dut chercher de nouveaux modes de distribution. Cette nécessité conduisit à créer la Librairie Smoler “Smolerjec kniharnja”. Livres, journaux et revues sont aujourd’hui édités en haut-sorabe, en bas-sorabe et en allemand. De nombreux écrivains comme Jurij Brězan (1916-2006), Jurij Koch (*1936) ou Kito Lorenc (*1938) font partie des grands auteurs de LND. En 2011, les Éditions ont publié le premier livre en ligne. La Fondation pour le Peuple sorabe subventionne aujourd’hui la publication de livres sorabes à hauteur de 2,58 millions d’euros.


MALINK Jan
Superintendant de l’Église évangélique sorabe, Budyšin / Bautzen

The Sorbian protestants

In the age of the Reformation 90% of the Sorbs became Lutherans. While there was no separate Sorbian church organisation, the Reformation favoured the situation of the Sorbs (emergence of literacy and education, establishment of Wendish churches in towns). In the late 17th and the 18th century, the Sorbian pastors and the Pietists developed the literature of the Protestant Sorbs. In the 19th century restrictive measures were imposed on the Sorbs in Prussia by the church authorities. In Saxony, on the other hand, various protestant societies and journals were created. Hundreds of Sorbs emigrated to Australia and to the USA. The repressive measures of the Nazis affected the Protestant Sorbs. After 1945 conditions became more favourable for the religious life of the Sorbs in Upper Lusatia than for those in Lower Lusatia. Although the number of Protestant Sorbs has declined since the 19th century, there still exists today an active, albeit reduced, Sorbian protestant church life in Upper and Lower Lusatia.

Les protestants sorabes

À l’époque de la Réforme, 90 % des Sorabes devinrent luthériens. Bien qu’il n’y ait pas eu d’institution religieuse sorabe, la Réforme améliora la situation des Sorabes ( émergence d’écrits et de l’éducation, création d‘églises wendes en ville). À la fin du xviie et au xviiie siècle, les pasteurs sorabes et les Piétistes développèrent la littérature des protestants sorabes. Au xixe siècle, les autorités religieuses imposèrent en Prusse aux Sorabes des mesures discriminatoires. En Saxe par contre, furent créées diverses sociétés et revues protestantes. Des centaines de Sorabes émigrèrent en Australie et aux USA. Les protestants sorabes furent concernés par les mesures de répression des nazis. Après 1945, les conditions de vie religieuse furent plus favorables aux Sorabes en Haute-Lusace qu’en Basse-Lusace. Bien que le nombre de Sorabes protestants ait diminué depuis le xixe siècle, il existe toujours aujourd’hui en Haute et Basse-Lusace une vie religieuse protestante sorabe, même si elle est modeste.


MARTI Roland
Université de Sarrebruck

The Upper and Lower Sorbian languages : a hard linguistic cohabitation

The Upper and Lower Sorbian standard languages coexist as minority languages dominated by German. In their history there were several attempts to bring them closer together by changing the codification. They were undertaken by representatives from the Upper Sorbian side, the more vital of the two standard languages, usually amounting to an ‘Upper-Sorabisation’ of Lower Sorbian. Many native speakers of Lower Sorbian resisted this language policy. The article analyses the history of language policy for Sorbian, especially in the second half of the past century. It is shown that the centralised language policy of the GDR, favouring the assimilation of Lower to Upper Sorbian, was detrimental to the survival of Lower Sorbian. After the demise of the centralised system, Lower Sorbian stresses its autonomy again. It is doubtful whether a reversal in language policy can reverse the language shift in the past.

Haut- et Bas- sorabe : une cohabitation linguistique difficile

Les deux langues courantes haut et bas-sorabe coexistent comme langues minoritaires dominées par l’allemand. Au cours de leur histoire ont eu lieu plusieurs tentatives visant à les rapprocher l’une de l’autre en changeant leur codification. Elles furent entreprises du côté haut-sorabe, cette langue étant celle qui a la plus grande vitalité, avec pour résultat une “haut-sorabisation” du bas-sorabe. Cette politique linguistique se heurta à la résistance de maint locuteur bas-sorabe. L’article retrace l’histoire de cette politique en se concentrant sur l’après-guerre. On y montre que la politique linguistique centralisée menée en RDA, qui favorisait l’assimilation du bas-sorabe par le haut-sorabe, a nui à la survivance du bas-sorabe. Après la disparition de ce système centralisé, le bas-sorabe a remis l’accent sur son autonomie. On est en droit de se demander si revenir sur la politique linguistique peut modifier l’orientation linguistique initiée dans le passé.


SCHOLZE/ŠOLTA Dietrich
Institut Sorabe, Budyšin / Bautzen

The Amateur Theatre of the Lusatian Sorbs

The Sorbian theatre has its origins in the final phase of the so-called national renaissance, which lasted from the Enlightenment to the middle of the 19th Century. The first Sorbian-language performance before an audience took place in Bautzen (Budyšin) on the 2nd October 1862, inspired by the Czech national movement. The first original Sorbian play, “Na Hrodźišću” (On the Castle Ramparts), was written by the poet, Jakub Bart-Ćišinski, in 1879.
By the First World War, the theatre had already established its place in the culture of the Slav minority. Around 250 theatrical evenings in 35 different places are recorded between 1900 and 1914. During the Weimar Republic (1919-1932) Sorbian associations founded over 30 amateur theatres in Upper Lusatia. In 1937, existed in Sorbian 136 plays, of which at least 45 were translations – above all from German and Czech. After the Second World War the number of amateur groups remained consistently low, as a professional Sorbian (since 1963 German-Sorbian) playhouse opened in 1948 in Bautzen.

Le théâtre amateur des Sorabes de Lusace

Le théâtre sorabe prend naissance lors de la dernière période de ce qu’on a appelé la Renaissance nationale, qui s’étend de l’Âge des Lumières à la moitié du xixe siècle. La première représentation en public en langue sorabe eut lieu le 2 octobre 1862 à Bautzen. L’idée était venue du mouvement national tchèque. La première pièce écrite en sorabe, Na Hrodźišću (Dans le château fort) fut l’œuvre du poète Jakub Bart-Ćišinski en 1879.
Dès la Première Guerre mondiale, le théâtre avait trouvé sa place dans la culture de la minorité slave. On recense 250 soirées théâtrales en 35 endroits différents entre 1900 et 1914. Durant la République de Weimar (1919-1932), les associations sorabes créèrent 30 troupes d’amateurs en Haute-Lusace. En 1937, il existait en tout 136 textes dramatiques en sorabe, dont au moins 45 étaient des traductions, surtout de l’allemand et du tchèque. Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre de troupes d’amateurs demeura restraint, car en 1948 fut créé à Bautzen un théâtre professionnel, depuis 1963 le Théâtre Germano-Sorabe.


STAMATI Iurie
Université de Laval, Québec

Between internationalism and patriotism : the Slavs and Ethnogenesis of Moldavians in Soviet historiography from 1924 to 1940

In this study, we consider the place devoted to the Slavs in the discourses on the ethnogenesis of Moldavians, discourses that appeared in Soviet historiography at the beginning of the construction of the concept of Moldavian ethnic group.
We notice that, since 1924 until the mid-1930s, the issue of ethnic individuality of Moldavians failed to exceed the limits of a marginal topic. Because of the rejection of Russian nationalism and panslavic ideology, even those few studies on the ethnogenesis of Moldavians that nevertheless appeared at that time did not insist on the specific role of the Slavs. The situation changed in the mid-1930s.
The government focused on Soviet patriotism based on panrussianism and panslavism. The Soviet authors highlighted the concept of Moldavian ethnic group and insisted upon the deep links connecting Moldavia to the eastern Slavic world. In addition, almost all Soviet writers were ready to present Moldavians as Ukrainians.

Entre internationalisme et patriotisme : les Slaves et l’ethnogenèse des Moldaves dans l’historiographie soviétique de 1924 à 1940

Cet article analyse la place réservée aux Slaves dans le discours sur l’ethnogenèse des Moldaves, apparu dans l’historiographie soviétique avec le concept de groupe ethnique moldave.
Entre 1924 et le milieu des années 1930, la question de l’individualité ethnique des Moldaves reste marginale. En raison du rejet du nationalisme russe et de l’idéologie panslave, même dans les rares études consacrées à l’ethnogenèse des Moldaves, on n’insiste pas sur le rôle particulier des Slaves.
La situation change au milieu des années 1930, avec le retour du panslavisme et du nationalisme russe. Les auteurs soviétiques mettent en lumière le concept de groupe ethnique moldave et insistent sur les liens profonds qui unissent la Moldavie et le monde slave oriental. En outre, presque tous les auteurs soviétiques sont prêts à présenter les Moldaves comme des Ukrainiens.


WAŁDA Mercin
Institut Sorabe, Budyšin / Bautzen

The Sorbian catholic circles

Despite the efforts to bar and marginalize all signs of Sorbian identity, the Sorbian language and culture have been best preserved in the catholic region of Lusatia. A specific catholic local society had developed in a particular environment and consolidated after the foundation of the German Reich in 1871. Sorbian catholics benefited from the so called “culture struggle” (Kulturkampf) and from the controversies between the protestant German state and the Catholic church. Catholics considered the Vatican as their religious centre and the Pope as their spiritual authority – both institutions located outside of Germany. Protestant Sorbs could not develop a similar local society as well as an ethnic identity, because they were more integrated in the structures of the German national church. In addition to that there were no important public institutions such as school, church or associations.

Le noyau catholique sorabe

En dépit des efforts tentés pour s’opposer à tous les signes de l’identité sorabe et pour les marginaliser, c’est dans la région catholique de Lusace que la langue et la culture sorabes ont été le mieux préservées. Une société sorabe locale spécifiquement catholique s’est développée dans un environnement particulier et s’est consolidée après la création du Reich allemand en 1871. Les catholiques sorabes ont bénéficié de ce qu’on a appelé la “lutte culturelle” (Kulturkampf) et des controverses opposant l’État protestant allemand et l’Église catholique. Les catholiques considéraient le Vatican comme leur centre religieux et le Pape comme leur autorité spirituelle, deux instituttions situées hors d’Allemagne. Les protestants sorabes ne purent développer une société locale analogue ainsi qu’une identité ethnique, car ils étaient plus intégrés dans les structures de l’Église nationale allemande. En outre, il n’y avait pas d’institutions publiques importantes comme une école, une Église et des associations.


WARDITZ Vladislava
Université de Postdam

Victor Hugo’s novel „Les Misérables“ and the semantics of otveržennost’ in Russian language

The historic-semantic vectors in the development of the Slavonic lexicon and lexicography are often influenced and determined by the cultural and linguistic reception of the Western European literatures. The French cultural tradition played during the 18th- 19th centuries in Russia, a special role in the development of social and artistic ideas. However, the role of the “French prototype” remains in the Russian philological tradition and also in the history of the Russian language on the periphery of linguistic interest. The present paper is dedicated to the question of the influence of the French literature on the development of the semantics of the Russian lexicon. The paper examines the reception of Victor Hugo’s novel „Les Misérables“ (1862), its translations and its key-role in the building of the semantic field of the word miserable in the Russian culture of the 19th century. The study uses the Russian translations of Hugo’s novel (1862-1917), the data of the online-corpus Nacional’nyj korpus russkogo jazyka (National Corpus of the Russian Language, www.ruscorpora.ru/), and dictionaries of the Russian language. The study shows that the original meaning of the word miserable in Russian changed under the influence of the reception of Hugo’s novel in Russia. The main semantic transformation of the concept miserable concerns the change of the religious pressed, high stylistic meaning – via the denomination of the antisocial and asocial groups – to the heroic societal and even revolutionary pressed meaning, with a positive connotation in the Russian political discourse of the 19th-20th centuries.

Les Misérables de Victor Hugo en Russie et la sémantique du mot otveržennost’ dans la langue russe

Les vecteurs du développement des dictionnaires et de la lexicographie slaves sont souvent déterminés par la réception culturelle et linguistique des littératures d’Europe occidentale. La tradition culturelle française a joué un rôle capital dans la formation des idées sociales et artistiques en terrain russe aux xviiie-xixesiècles, même si cette question reste souvent à la périphérie. Cet article est consacré à l’influence de la littérature française sur la sémantique des mots russes. Il s’intéresse à la réception littéraire du roman les Misérables (1862) de Victor Hugo, à ses traductions et à son rôle dans la formation du champ sémantique du mot «  misérable  » (oтверженный) dans la culture russe du xixe siècle. Le travail s’appuie sur les traductions russes du roman et sur les données du corpus national de la langue russe (НКРЯ). Cette recherche montre que le sens initial du mot «  misérable » a changé dans la langue russe sous l’influence de la réception et de la traduction du roman de Victor Hugo. La modification principale concerne l’abandon de la nuance religieuse et de style élevé, visant des groupes sociaux stigmatisés au profit d’un sens héroïque et même révolutionnaire, positif, dans le discours politique des xixe-xxe siècles.


WICAZ Alfons
Ancien rédacteur des Serbske Nowiny, Budyšin / Bautzen

Upper Sorbian Newspapers : a Historical Survey

Upper Sorbian newspapers have a long tradition. Students published in 1766 the first handwritten sorbian newsbook. The founder of the Sorbian political journalism was Jan Dejka, who published the Sserbski powědar a kurier in 1809.
From 1842 on, Tydźenska Nowina played a major role in the Sorbian society. It was given a new name in 1854 : Serbske Nowiny. Some supplementary sections, such as the literary journal Łužica or the magazine for children Raj, became regular periodicals. The Sorbian Protestants published Pomhaj Bóh in 1891 and the Catholics Katolski Posoł in 1863.
The nazi regime put an end to a flourishing Sorbian press in1937. In 1945 the Liberation meant for the Sorbs a national revival. In 1947 Nowa Doba opened supplementary sections for children, youngsters and teachers. In 1990 the daily took back its first name Serbske Nowiny and resumed the progressive tradition, that its previous redactors had initiated at the time of the Enlightenment and the Weimar Republic.

La presse des Haut-Sorabes : esquisse historique

La presse haut-sorabe a une longue tradition. Des étudiants publièrent en 1766 le premier cahier sorabe manuscrit. Le fondateur du journalisme politique sorabe fut Jan Dejka, qui publia le Sserbski powědar a kurier en 1809.
À partir de 1842, la Tydźenska Nowina joua un rôle de premier plan dans la société sorabe. Elle prit un nouveau nom en 1854 : Serbske Nowiny. Des suppléments comme la revue littéraire Łužica ou le magazine pour enfants Raj devinrent des périodiques réguliers. Les protestants sorabes publièrent Pomhaj Bóh en 1891 et les catholiques Katolski Posoł en 1863.
Le régime nazi mit fin en 1937 à une presse sorabe en plein essor. En 1945 la Libération signifia pour les Sorabes une renaissance nationale. En 1947, Nowa Doba créa des suppléments pour enfants, jeunes et enseignants. En 1990, le quotidien retrouva son premier nom de Serbske Nowiny et reprit la tradition progressiste initiée par les anciens rédacteurs à l’Âge des Lumières et sous la République de Weimar.