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Contrat doctoral international de 3 ans
"Sans famille" en Europe centrale : Réinventer l’orphelin de l’ère fasciste à l’ère socialiste

par Astrid Mazabraud - publié le , mis à jour le

- Les candidatures sont à déposer sur le portail emploi du CNRS

Projet : La thèse sera consacrée aux discours et pratiques relatifs aux orphelins dans la littérature et/ou les arts visuels (cinéma, photographie, arts plastiques, etc.) dans le sillage des violences et des bouleversements démographiques qui ont marqué l’Europe centrale au XXe siècle : famines, guerres, Shoah, déplacements forcés de populations, camps de réfugiés, émergence des États socialistes, guerre froide. Au lendemain de la Nuit de Cristal, l’orphelin devient une question internationale, qui demande des acteurs et des mécanismes d’intervention nouveaux : organismes internationaux tels que le Joint ou la Croix Rouge, organisations civiles, coopérations interétatiques, administrations des camps de réfugiés, etc. Mais la gestion de ces enfants sans parents est souvent aussi une occasion de renforcer le discours national (Tara Zahra, "The Lost Children", 2015). Presqu’en même temps, la figure de l’orphelin devient omniprésente dans les arts : qu’on songe au courant néo-réaliste dans le cinéma d’après-guerre (Allemagne année zéro de Rossellini, Quelque part en Europe de Radványi) ou, à partir des années 1970, à la multiplication de fictions prises en charge par des enfants narrateurs (Imre Kertész, Herta Müller, Agota Kristof…). Le choix de l’enfant, par sa voix et son regard défamiliarisants, a une fonction souvent critique tant sur l’art que sur les sociétés de l’après-guerre.
La thèse s’interrogera sur les normes qui sont fabriquées par les artistes et les écrivains afin de comprendre en quoi elles portent, interrogent ou subvertissent les normes étatiques et/ou sociales qui dessinent les contours de l’orphelin. Elle pourra s’appuyer sur une enquête d’histoire sociale et institutionnelle sensible aux ruptures et continuités prévalant des années 1930 à l’après-guerre jusqu’à l’émergence d’un État-Providence socialiste. Elle peut aussi s’interroger sur la relative stabilité institutionnelle du socialisme d’État en analysant de près ses mesures sociales.
Par sa nature interdisciplinaire, la thèse est ouverte à des candidats en histoire sociale, en études littéraires et/ou en arts visuels spécialisés dans un ou plusieurs pays de la région, dont ils doivent maîtriser au moins une langue. Le corpus proposé peut inclure des œuvres composées ou diffusées des années 1930 à l’après-89.

Le ou la candidat(e) retenu(e) s’inscrira en doctorat à Sorbonne Université (faculté des lettres) et intégrera l’Ecole doctorale « Civilisations, cultures, littératures et sociétés » (ED 4). Il ou elle sera rattaché(e) à l’UMR Eur’ORBEM « Cultures et sociétés d’Europe orientale, balkanique et médiane » (CNRS, Sorbonne Université, UMR 8224). Le projet s’inscrit dans les axes de recherche « Histoire, mémoire, identités, conflits » et « Arts et transculturalité ». Eur’ORBEM est une unité de recherche pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales qui rassemble des spécialistes des pays d’Europe centrale, orientale et balkanique. La thèse sera encadrée par Clara Royer, MCF habilitée à diriger des recherches, spécialiste des cultures d’Europe centrale à Sorbonne Université. Le ou la doctorant(e) participera à la vie scientifique de l’équipe.

Le contrat doctoral est assorti d’une obligation de mobilité en Europe centrale. Le ou la doctorant(e) effectuera cette mobilité, de préférence 3 mois par an, pour la collecte des sources (archives) nécessaires à sa recherche. En fonction du terrain retenu par la thèse, cette affiliation supposera des déplacements dans au moins un pays dit de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie). Durant cette période de mobilité il/elle sera accueilli(e) par le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES – USR 3038 CNRS-MEAE), basé à Prague, en République tchèque. Le CEFRES est une Unité mixte des instituts français de recherche à l’étranger (UMIFRE) sous la double tutelle du ministère des Affaires étrangères et du CNRS. Il fournira un soutien administratif et logistique et constituera un environnement scientifique stimulant grâce à sa plateforme collaborative en SHS avec l’Université Charles et l’Académie tchèque des sciences de même qu’à travers son réseau scientifique avec les pays de Visegrad.

Voir en ligne : Portail Emploi CNRS