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RES 85/1 (2014) Résumés

par Astrid Mazabraud - publié le


BOGOMOLOV N. A.
Université d’État de Moscou

The « trip to Italy » as a paradigm of Russian Culture at the beginning of the 20th century

At the beginning of the 20th century, travelling to Italy became sufficiently easy for quite a wide range of Russian people. The specific reasons and motivations for undertaking such a journey, however, varied.
This article considers the main reasons why Italy attracted Russian writers and artists. Some of these would traditionally be associated with ‘tourism’ : Italian countryside, art, history. Yet in the works of the writers examined here –Mikhail Kuzmin, Vladislav Khodasevich, and Osip Mandelshtam – these relatively common themes take on unexpected, non-traditional turns. For other leading writers such as Vyacheslav Ivanov and Andrei Bely, the reasons can be religious or occult.

Le « voyage en Italie » comme paradigme de la culture russe au tournant du xxe siècle

Au début du XXe siècle pour des cercles assez larges de la société russe, un voyage en Italie ne présentait pas de difficulté particulière. Cependant, dans chaque cas, et même dans un cadre simplement touristique, les motivations pouvaient varier. L’article examine les raisons principales qui attiraient les artistes russes en Italie. Si ces raisons, la nature, l’art, l’histoire… paraissent traditionnelles, leur traitement par les poètes russes dont il est principalement question dans l’article, M. Kuzmin, Vl. Xodasevič, O. Mandel´štam, met en évidence des aspects originaux. Chez d’autres, comme V. Ivanov ou A. Belyj, il peut s’agir de motifs liés à la religion ou à l’occultisme.


Braginskaja Nina et Kostenko Natal´ja
Institut des hautes études en sciences humaines, RGGU, Moscou

Archives and Fate of a searcher in the USSR : Ol´ga Mixajlovna Frejdenberg (1890-1955)

Ol´ga Frejdenberg, who is mostly famous for her correspondance with her well-known cousin, Boris Pasternak, was also a specialist of mythical thought, close to Lévy-Bruhl and Claude Lévi-Strauss. She is also the author of autobiographical Notes (Zapiski), which give a personal and historical account of an exceptional moral strength, in particular during one of the most tragical episodes of Soviet history, the siege of Leningrad.
The aim of this article is to present this legacy in its entirety, miraculously transmitted to posterity in spite of unhuman conditions. It’s a unique occasion to emphasize the outstanding personality of Frejdenberg, who, at the end of her life, systematically organized her archives and transmitted them to the ‘right person’ in order to get round the State censure.

Archives et destin d’un chercheur en U.R.S.S. Ol´ga Mixajlovna Frejdenberg (1890-1955)

Connue pour la correspondance qu’elle a entretenue avec son célèbre cousin Boris Pasternak, Ol´ga Frejdenberg a aussi été un chercheur original dont la place se situerait quelque part entre celle de Lévy-Bruhl et de Claude Lévi-Strauss en tant que spécialiste de la pensée mythologique. Elle laisse également des Notes autobiographiques (Zapiski), témoignage historique et personnel d’une force exceptionnelle, incluant un des épisodes les plus tragiques de l’histoire soviétique, le siège de Leningrad.
L’article se donne comme objectif de présenter l’ensemble de cet héritage, miraculeusement parvenu à la postérité, en dépit des conditions inhumaines de la conception comme de la charge contestatrice des Notes autobiographiques. C’est l’occasion de mettre en évidence la personnalité hors normes de Frejdenberg qui a elle-même conçu systématiquement ses archives dans les dernières années de sa vie et a su les transmettre à la « bonne personne », de manière à contourner la censure de l’État.


GORBOUNOVA Raïssa
Université Jean Moulin – Lyon 3

Mixail Speranskij : A reformer of Russian Church eloquence at the end of the 18th century

The article is devoted to a lesson in rhetoric, written in 1792 by Mikhail Speranskij, the future Minister of Alexander I of Russia. After a short history of Russian Church eloquence, the author analyses Speranskij’s contribution. His thought about the three elements of a sermon, the logos, pathos and ethos shows a kind of advantage in favour of the ethos, which is a conception close to the protestant predication.

Mixail Speranskij réformateur de l’éloquence sacrée russe à la fin du XVIIIe siècle
L’article est consacré au cours de rhétorique, rédigé en 1792, par le futur ministre d’Alexandre Ier, Mixail Speranskij. Après avoir brièvement retracé l’histoire de l’éloquence sacrée russe, l’A. analyse l’apport de Speranskij. Sa réflexion sur les trois composantes du sermon, le logos, le pathos et l’ethos, fait apparaître une sorte de rééquilibrage au profit de l’ethos, ce qui rapproche sa conception de la prédication protestante.


LANDRY Tristan
Université de Sherbrooke, Québec

Words Tell the Tale : the Motivation behind A. N. Afanas´ev’s Editing of Sources From the Archives of the Russian Geographical Society for his Narodnye Russkie Skazki

This article is based upon a comparison of source documents, originally drafted by local scribes and submitted to the Russian Geographical Society, with the final, edited, versions of these stories in Afanas´ev’s famous collection. It discusses how Afanas´ev’s editorial work reflected his ideals of Russian language and culture, which were shaped by the intellectual values of his time. Afanas´ev ‘nationalized’ the tales by replacing some words of foreign origin with words of Russian origin. He also eliminated Church Slavonic vocabulary in an attempt to popularize and ‘Russify’ the texts, while at the same time adding some regional words to ensure an authentic tone. Paradoxically, Afanas´ev replaced some regionalisms with their Muscovite forms. The descriptions of violence were tempered to enhance the suitability of the material for children. The steps taken conspire to suggest an editorial method designed to promote a modern Russian language and a concept of history and culture.

Quand les mots racontent l’histoire   : le travail éditorial d’A. N. Afanas´ev sur les sources tirées des archives de la Société russe de géographie pour son édition des Contes populaires russes

Cet article compare les sources, rédigées par des scribes locaux et soumis à la Société géographique russe, avec la version éditée par Afanas´ev dans son célèbre recueil. L’auteur montre comment le travail d’édition d’Afanas´ev reflétait son idéal de la langue et de la culture russe, idéal qui était lui-même influencé par les valeurs de son temps. Afanas´ev a nationalisé les contes en remplaçant certains mots d’origine étrangère par des mots d’origine russe. Il a aussi éliminé le vocabulaire du slavon d’Église de façon à populariser et « russifier » les textes, tout en ajoutant quelques mots régionaux, et ce, afin de donner au conte un ton authentique. Paradoxalement, Afanas´ev a remplacé d’autres régionalismes par des formes moscovites. Les descriptions violentes dans le texte original ont été atténuées afin de rendre les contes plus accessibles aux enfants. L’ensemble de ces changements suggère une méthode d’édition dont le but aurait été la promotion de la langue russe, ainsi qu’une certaine conception de l’histoire et de la culture.


Мarčenko Таt´jana
Maison de l’émigration russe Soljénitsyne, Moscou

The ‘Parisian Text’ by Ivan Bunin

The ‘Parisian Text’ by Ivan Bunin consists of several stories, all written during his literary work in exile. Only in one pre-revolutionary short story the scene takes place in Paris. In this article the story (Late at night) is examined in a close connection with a family drama of the writer and in the literary background of Russian Silver Age. Some key features of Bunin’s poetics and style, and above all the originality of his autobiographic narration, are exposed and interpreted in the course of the conducted analysis.

Le «  texte parisien  » d’Ivan Bunin  : prélude au clair de lune

«  Le texte parisien  » d’Ivan Bunin comprend quelques récits écrits en exil au cours de différentes périodes de son œuvre. Dans l’article il est question d’un récit de Bunin écrit avant la Révolution, où l’action se déroule à Paris (Tard dans la nuit). Le récit est étudié en relation étroite avec le drame familial de l’écrivain dans le contexte littéraire de l’époque. L’analyse révèle les traits caractéristiques de la poétique et du style de l’écrivain, avant tout l’originalité de l’autobiographisme de la prose de Bunin.


SREBRO Milivoj
Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3

The Power of the Story in a Story About Power  : The Man Who Ate Death

While narrating J.-L. Popier’s peculiar story, Borislav Pekić, in his short story The Man Who Ate Death, develops a metaphor about the ‘genesis of Caligulan power’, an absolute and abusive power to which he opposes individual power – that which emanates from free will. These two antagonistic aspects of the power phenomenon are at the core of the analysis proposed in this article, as well as Pekić’s art of storytelling – an art mastered to perfection which the reader perceives as a sort of power of the narrative itself.

Le pouvoir du récit dans un récit sur le pouvoir : L’homme qui mangeait la mort.

En relatant l’histoire singulière de J.-L. Popier, Borislav Pekić, dans sa nouvelle L’homme qui mangeait la mort, développe une métaphore à propos de “la genèse du pouvoir à la Caligula”, pouvoir absolu et abusif auquel il oppose le pouvoir individuel, celui qui émane du libre arbitre. Ces deux aspects antagonistes du Pouvoir sont au centre de l’analyse proposée dans cet article, comme l’est également l’art du récit chez Pekić, un art poussé à la perfection, que le lecteur perçoit comme une sorte de pouvoir de la narration.


TCHOUDINOV Alexandre
Institut d’histoire universelle, Académie des sciences de Russie, Moscou

The ‘Russian school’ and French Revolution  : Vladimir Ger´e and Nikolaj Kareev about Hippolyte Taine and Alphonse Aulard

The author analyses the formation of the ‘Russian school’ of studies concerning the French Revolution, in the second half of the 19th century and the different approaches and opinions of the first Russian historians studying the French Revolution. The founder of the ‘Russian school’, Vladimir Ger’e, thought that it had to be a way of strict academic researches abstracted from political passions caused in the European countries by the inheritance of the French Revolution. But dominated in the Russian historiography another point of view proposed by another eminent historian, Ger´e’s former pupil, Nikolaj Kareev, who considered the development of revolutionary studies as a mean of promotion of the principles of 1789 in Russia. This opposition appeared particularly in the positions of the two historians concerning their French colleagues Taine and Aulard.

L’École historique russe et la Révolution française  : Vladimir Ger´e et Nikolaj Kareev à propos d’Hippolyte Taine et d’Alphonse Aulard

L’auteur analyse la formation de l’école russe d’étude de la Révolution française et les différentes voies qui s’offraient à elle. Le fondateur de cette école, Vladimir Ger´e considérait qu’il fallait s’en tenir à des études érudites, loin des passions politiques suscitées par l’héritage de la Révolution française dans les pays d’Europe occidentale. Son élève, Nikolaj Kareev défendait un autre point de vue, pensant que le développement des études sur la Révolution française pouvait favoriser le développement en Russie des principes de 1789. Cette opposition s’est manifestée, en particulier, à travers leur appréciation divergente des travaux des Français Taine et Aulard.