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Représenter la Shoah après 1989 : idées, poétiques, images. Entre la France et la Pologne.
Paris, 5-7 février 2015

par Astrid Mazabraud - publié le , mis à jour le


Colloque international

Paris, 5-7 février 2015

- Programme


La chute des régimes communistes a engendré des bouleversements dans les représentations de la Shoah, tant à l’Est qu’à l’Ouest. L’accès à de nouvelles archives, les recherches historiques et des débats mémoriels intenses, ont modifié l’image de l’événement, du moins la manière dont les générations d’aujourd’hui l’appréhendent. L’expérience concentrationnaire a perdu de sa centralité, les résistances juives sont davantage différenciées. L’attitude des populations non juives, témoins du génocide, préoccupe de plus en plus les consciences. De même, la période récente est marquée par la redécouverte en Europe centrale des traces de la culture juive disparue.

Les approches artistiques de cette mémoire ont tendance à prévaloir, les témoins directs disparaissant. Des oeuvres originales se sont imposées ces vingt dernières années. À côté des écrits de rescapés comme Aharon Appelfeld, Imre Kertész ou Henryk Grynberg, des écrivains, des cinéastes, des hommes de théâtre, des musiciens renouvellent considérablement ces représentations.

Que proposent-ils de nouveau ? En quoi influencent-ils les pratiques mémorielles en Europe ? Peut-on réduire la grande diversité des styles et des œuvres à une opposition géographique entre l’Est et l’Ouest, même si les expériences de la Shoah et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale y sont bien différentes ?
La fracture intellectuelle entre l’Est et l’Ouest cède progressivement le pas devant la nécessité d’une réflexion conjuguée. Avec ce colloque international, centré sur les cas polonais et français, nous voudrions faire émerger une réflexion commune, en partant moins du contexte que des œuvres elles-mêmes.

En Pologne, la période récente est particulièrement prolifique. Elle touche autant la littérature (Krall, Bieńczyk, Tulli, Ostaszewski…), que le théâtre (Warlikowski, Slobodzianek…), les arts plastiques (Bałka, Libera, Żmijewski…) ou le cinéma (Holland, Pasikowski…).

En France, qu’il s’agisse de la « guerre des images » ou du renouvellement des procédés littéraires, on observe une forte présence de récits hybrides : de la docu-fiction postmoderne (un va-et-vient entre les textes historiques et les textes de fiction), à l’investigation du domaine personnel voire intime... Il en résulte des formes d’illusions mimétiques inédites que nous nous proposons d’analyser.
Ces nouveaux regards respectifs sur l’autre histoire et l’abîme qui peut apparaître entre différentes représentations, donnent un sens décisif mais assignent aussi des limites à une entreprise de comparaison.

Il s’agit donc d’un riche corpus qui englobera également des avancées théoriques récentes. La France et la Pologne seront considérées comme des territoires de création emblématiques, quoiqu’aux expériences très éloignées, ce qui n’exclut pas d’autres oeuvres produites ailleurs en Europe. Le colloque réunira des chercheurs et artistes de différents domaines.
Nous souhaitons, avec cette première réflexion commune, décloisonner les champs de réflexion et contribuer à en finir avec les fractures d’antan.

Comité scientifique :

Agnieszka Grudzinska - présidente (Paris-Sorbonne)
Luba Jurgenson, (Paris-Sorbonne), Kinga Siatkowska-Callebat, (Paris-Sorbonne), Leszek Kolankiewicz, (Centre de civilisation polonaise, Paris-Sorbonne), Catherine Coquio, (Paris 7), Sylvie Lindeperg, (Paris 1), Jean-Yves Potel, (Mémorial de la Shoah), Philippe Mesnard, (Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand), Alina Molisak (Université de Varsovie), Iwona Kurz (Université de Varsovie).

Comité organisateur :

- Agnieszka Grudzinska (grudzinska.agnieszka@gmail.com)
- Kinga Siatkowska-Callebat (kinga_callebat@hotmail.com)
- Aurélie Rouget-Garma (aurelie.rouget-garma@paris-sorbonne.fr)
- Anna Ciesielska (anna.ciesielska@paris-sorbonne.fr).