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Accueil > Publications > Revue des études slaves > Sommaires et résumés > RES 86/4 (2015)

Résumés

par Astrid Mazabraud - publié le , mis à jour le

BEREZOVICH Elena L.
Université fédérale de l’Oural, Ekaterinburg
KABAKOVA Galina
Université Paris-Sorbonne, Eur’Orbem

Stereotypes of ‘Russian’ and ‘French’ : Exchanges of Viewpoints

The article considers stereotypes of the ‘Frenchness’ in the Russian language, and the ‘Russianness’ in the French language in contrastive aspect. The core of linguistic images is analysed – language system facts, the internal form of which contains a direct reference to ‘Russianness’ or ‘Frenchness’. They are : words derived from the ethnonyms francuz ‘Frenchman’, gall ‘Gaul’ and place name Parizh ‘Paris’ in Russian ; words derived from Russe, Russien ‘Russian’, Cosaque ‘Cossack’→ ‘Russian military’→ ‘Russian’, Moscou ‘Moscow’, obsolete Moscovite ‘resident of Muscovy, Russian’in French. Further more, the authors take into consideration collocations of the words mentioned. Thematic spheres of secondary semantics are covered : Material culture and Leisure. The authors reveal the motivation of linguistic facts and analyse the evaluative component of their semantics.

Stéréotypes du « russe » et du « français » : regards croisés

L’article est consacré à l’étude contrastive des stéréotypes de la « francité » en russe et de la «  russité  » en français. On analyse les faits linguistiques dont la forme intérieure contient une indication directe de « russité » ou de «  francité   » : les dérivés des mots француз, Франция, галл, Париж ; en français, les dérivés des mots Russe, Cosaque (« Cosaque » → « militaire russe » → « Russe »), Moscou, vieil. Moscovite. Les locutions comprenant ces vocables font également l’objet d’une analyse. Les domaines thématiques étudiés sont la culture matérielle et les loisirs. Les auteurs étudient l’origine supposée des faits linguistiques et analysent l’évolution de leur sémantique.


HAJDINOVÁ Eva, HAJKOVÁ Dagmar
Institut Masaryk, Académie des sciences de République tchèque

‘Mais Paris demeure un phare…’ The Influence of France on the Lives of Edvard and Hana Beneš Before 1919

The political career of Edvard Beneš, key figure of the first czechoslovak resistance movement and interwar Minister of Foreign Affairs of Czechoslovakia, covers almost entirely the first half of the 20th century and can be undoubtedly described as an international one. It was however in France, during the First World War, that Beneš´ career took off. Based on his war diaries and correspondence, this paper attempts to analyse his relationship with France and to explain the lesser-known circumstances of his ascendance to the high levels of European diplomacy. The article also examines the destiny of Beneš’ wife, Hana, who he met in Paris before the war and with whom he shared a very sentimental and intellectual connection to Paris and France in general during his entire life. After peace was signed, the Beneš couple adopted a lifestyle they considered to be a ‘French’ one, combining modernity, progress as well as traditional elegance. The authors therefore reveal the more private nature of Beneš’ Paris ‘adventure’ that formed the basis of his long-lasting fascination with French culture which considerably influenced his foreign interwar politics.

« Mais Paris demeure un phare… » La France dans la vie d’Edvard et Hana Beneš avant 1919

La carrière politique d’Edvard Beneš, l’un des acteurs les plus importants du premier mouvement de résistance tchécoslovaque et le ministre des Affaires étrangères de la Tchécoslovaquie de l’entre-deux-guerres, couvre presque toute la première moitié du xxe siècle, et peut être considérée sans hésitation comme internationale. C’est néanmoins justement durant son exil en France durant la Première Guerre mondiale que sa carrière politique prit son essor. Cette contribution éclaire, en s’appuyant sur l’agenda tenu par Beneš durant la guerre et sur sa correspondance, son rapport à la France et détaille les circonstances moins connues de son accession aux échelons supérieurs de la diplomatie européenne. L’article s’intéresse également à la destinée de l’épouse de Beneš, Hana, qu’il rencontra à Paris, avant la guerre, et avec laquelle il partagea toute sa vie un lien sentimental et intellectuel pour la capitale française et pour tout le pays. Après la paix, les époux Beneš ont adopté un style de vie qu’ils appelèrent eux-mêmes « français », combinant le sens de la modernité, du progrès mais également de l’élégance traditionnelle. Le texte révèle ainsi un aspect plus personnel des séjours parisiens de Beneš, à l’origine de sa fascination pour la France, sentiment qui durera de nombreuses années et influencera considérablement sa politique étrangère dans l’entre-deux-guerres.


LIGARA Bronisława
Université Jagellone, Cracovie

A Life in Two Languages : The Polish-French Bilingualism of Zygmunt Krasiński in the Light of his Epistolographic and Literary Work

This article presents the Polish-French bilingualism of Zygmunt Krasiński (1812-1859), one of the greatest poets of the Romantic era, as an object of investigations in the field of linguistics, literary studies and political discourse. Thanks to his bilingual proficiency, Krasiński drew on his two languages/cultures, thus creating heterogeneous work in Polish and in French. Their relationship has been described as an exchange of elements belonging to the space of both languages and is evident in terms of meaning, social representations and political concepts of the time. From a linguistic point of view, the contacts between the two languages emerge as transcodic markers which appear mostly in his ‘Letters’ which provide an excellent example of bilingual speech. Both of the author’s two languages symbolize his affinity with both linguistic and cultural communities. Because of his work in French, Krasiński should be considered as one of the writers and intellectuals of the French-speaking world, and among the Central European writers for whom French is the language of artistic expression.
Une vie dans deux langues, le bilinguisme polonais-français de Zygmunt Krasiński à la lumière de son œuvre épistolaire et littéraire

L’article présente le bilinguisme polonais-français de Zygmunt Krasiński (1812-1859), un des plus grands poètes de l’époque du romantisme, d’un triple point de vue linguistique, littéraire et politique. De par sa double compétence, Krasiński puisait dans ses deux langues-cultures, créant ainsi une œuvre variée en polonais et en français. Leurs relations se caractérisent en termes d’échange d’éléments appartenant à l’espace de l’une et de l’autre langue. Elles s’effectuent au niveau des significations, des représentations sociales et des concepts politiques de l’époque. Sur le plan linguistique, les contacts entre les deux langues se manifestent comme marques transcodiques, dans ses Lettres surtout, exemple parfait de parler bilingue. Chacune des deux langues de l’auteur symbolise son appartenance à l’une ou à l’autre communauté linguistique et culturelle. De par son œuvre en français, Krasiński devrait prendre place parmi les écrivains et les intellectuels de la francophonie, et, parmi les écrivains de l’Europe médiane pour qui le français est la langue d’expression artistique.


NIQUEUX Michel
Université de Caen-Normandie

Suhovo-Kobylin’s Franco-Russian
Connections

Several documents used for the first time shed some light on the relationship Alexander Suhovo-Kobylin had with Louise Simon-Demanche, a Parisian milliner whose murder (or assassination) in 1850 in Moscow resulted in seven years judicial proceedings for the future playwright, and with Marie Bouglon, daughter of the platonic ‘fiancée’ of Barbey d’Aurevilly, whom he married in 1859 and who died of tuberculosis a year later. In 1902, A. Suhovo-Kobylin had the satisfaction of seeing Krechinsky’s Wedding, staged in Paris, relatively well received by the press.

Les liaisons franco-russes de Suxovo-Kobylin

À partir de documents utilisés pour la première fois, sont éclairées les relations d’Aleksandr Suxovo-Kobylin (1817-1903) avec Louise Simon-Demanche, modiste parisienne, dont le meurtre (ou l’assassinat), en 1850 à Moscou, valut au futur dramaturge sept ans de péripéties judiciaires, et avec Marie de Bouglon, fille de la « fiancée » platonique de Barbey d’Aurevilly, quiil épousa en 1859 et qui mourut de phtisie un an plus tard. En 1902, A. Suxovo-Kobylin eut la satisfaction de voir le Mariage de Krečinskij, mis en scène à Paris, être relativement bien accueilli par la presse.


Tatsiana VAVULA
Centre de linguistique en Sorbonne (CELISO, EA 7332)

Semantic Analysis of the Use of takže and tože in Contemporary Russian

This article deals with the semantic analysis of two words in contemporary Russian, takže and tože once associated with the notion of identity which represents a well-known practical difficulty for learners of the Russian language. A couple of explanations for the various uses of takže and tože are offered : the first is based on the thematic division (theme/rheme), and the second is functional and viewed in the quest for a functional and operational invariant for each studied marker. Our analysis of takže and tože (conjunctions/adverbs/particle) has shown that, in these three uses, the same meaning is applied for every marker. We can talk about an ‘additive’ meaning for takže and an ‘associative’ one for tože.

Analyse sémantique des emplois de takže et tože en russe contemporain

L’article est consacré à l’analyse sémantique de deux mots du russe contemporain, takže et tože, associés à la notion d’identité qui représentent une difficulté pratique bien connue chez les apprenants de la langue russe. Deux explications de différents emplois de takže et tože seront proposées : la première est basée sur le découpage thématique (thème/rhème), et la seconde, fonctionnelle, s’inscrit dans la recherche d’un invariant fonctionnel et opérationnel pour chaque marqueur étudié.
Notre analyse de takže et tože (conjonctions /adverbes/particule) a permis de montrer que, dans ces trois emplois, une même sémantique est à l’œuvre pour chaque marqueur. On peut parler d’une sémantique « additive » pour takže et d’une sémantique « associative » pour tože.