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Axe 2 - La slavistique dans l’histoire des études aréales. Constitution des savoirs

publié le , mis à jour le

Le terme « slavistique », calque de « germanistique », apparaît au XIXe siècle. Le cœur de la discipline est alors la linguistique des langues slaves, puis elle s’élargit aux littératures et cultures slaves, à l’histoire des peuples slaves et de leurs différentes formations politiques, à l’histoire des aires peuplées ou traversées par les Slaves. C’est en 1840 qu’est créée une chaire de Langue et littérature slave (au singulier) au Collège de France, pour le poète polonais Adam Mickiewicz (1798-1855), réfugié en France après l’écrasement par la Russie de Nicolas Ier de la révolte de 1830-1831. Mais l’alliance franco-russe (1892) donne l’élan décisif à cette discipline, avec la création de chaires à Lille, puis à la Sorbonne, tandis que les langues slaves se développent au sein de l’École des langues orientales (actuel INALCO). L’Institut d’études slaves (IES), société savante fédérant les slavistes, est créé en 1919, avec le soutien du gouvernement tchécoslovaque qui fait don à l’Université de Paris de l’ancienne demeure d’Ernest Denis, slaviste et avocat de l’émancipation des peuples slaves.
L’UMR Orbem développe, en étroite collaboration avec l’IES, des projets de recherche fondamentale sur la slavistique, notamment sur la contribution des slavistes français aux travaux internationaux de slavistique (au sein ou en dehors du Congrès international des slavistes – MKS, fondé en 1929). Elle s’associe à ce titre au chantier « Cent ans de lettres et cultures étrangères en Sorbonne », rassemblant des équipes de recherche de L’École doctorale IV de l’Université Paris-Sorbonne et interrogeant l’institutionnalisation des études aréales depuis la fin du XIXe siècle, dans ses dimensions tant épistémologique que patrimoniale.
L’UMR met aussi à contribution ses missions de service (édition, documentation, publication) : par un programme de numérisation d’archives sur papier (correspondance d’André Mazon) et photographiques (fonds Léon Tolstoï) qui permettent de reconstituer les réseaux scientifiques mis en place au cours du XXe siècle, particulièrement dans sa première moitié ; par la mise à disposition de colloques et publications attestant du de plaque tournante de l’IES dans l’accueil et la formation des cadres des États slaves (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Bulgarie) pendant l’entre-deux-guerres, les relations avec l’Union soviétique, les échanges avec l’émigration russe à Paris. Parmi ces publications, la Revue des études slaves, fondée en 1921, et coéditée par l’IES et EUR’ ORBEM, est entièrement accessible en ligne (sur le portail Persée 1921-2012 et revue.org).
Pierre Gonneau