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Séminaire commun : Cultures populaires, cultures savantes
Jeudi 11 avril 2019, 17h30-19h30

par Astrid Mazabraud - publié le , mis à jour le

Séminaire commun : Cultures populaires, cultures savantes <br> Jeudi 11 avril 2019, 17h30-19h30


Eur’ORBEM, 9 rue Michelet, 75006 Paris
Salle de conférences

- Luba Jurgenson (Eur’ORBEM) et Claire Delaunay (Eur’ORBEM)

Le paysan comme porteur et garant de vérité dans la littérature russe

La naissance du réalisme dans la littérature russe, tel que construit et théorisé par la critique, notamment, par Vissarion Bielinski, coïncide avec l’émergence, dans les années 1840, d’un intérêt pour l’espace rural, jusqu’alors en marge des imaginaires culturels, et pour la figure du paysan. En saluant les oeuvres de Gogol, Gontcharov, Dahl, Grigorovitch, Tourgueniev et la peinture de la vie paysanne qu’ils donnent, Bielinski voit se dessiner une « école naturelle » caractérisée par un enjeu esthétique commun, celui de se rapprocher au maximum de la vérité de la vie.
Cette vérité, par essence « nationale », gît selon lui dans le monde rural. Si les écrivains mentionnés ne se reconnaissent pas tous dans cette nouvelle communauté artistique désignée comme « école naturelle », ils n’en contribuent pas moins à construire une « vérité » à travers des images de paysans, porteurs d’une authenticité que la vie urbaine tend à détruire. Tolstoï, faisant suite à cette pléiade, construira une véritable utopie paysanne. La recherche de l’authenticité, propre aux réalismes, se poursuivra bien au-delà, par exemple dans la quête spirituelle des symbolistes (La Colombe d’argent d’Andreï Biély). Le paysan demeure garant de la vérité pour les matérialistes comme Bielinski et pour les chercheurs de Dieu comme Tolstoï, pour les réalistes comme pour les symbolistes.