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Séminaire commun 2019-2020
Texte(s) et contexte(s)

par Astrid Mazabraud - publié le , mis à jour le

Séminaire commun 2019-2020 <br> Texte(s) et contexte(s)

Les jeudis de 17h30 à 19h30
Salle de conférences, Eur’ORBEM, 9 rue Michelet, 75006 Paris.

- Séance du 7 novembre 2019 :

Audition de Mihai-Dan Cirjan - CV
Mihai-Dan Cîrjan a achevé un doctorat d’histoire sociale à l’Université centre-européenne de Budapest qui portait sur les relations de la dette et du crédit dans l’entre-deux-guerres en Roumanie. Il y analyse l’impact de la crise de la dette des années 1930 sur les institutions d’État et les relations de marché en Roumanie. Ses recherches portent principalement sur l’institutionnalisation des relations économiques modernes dans la première moitié du XXe siècle.Il est actuellement récipiendaire d’une bourse de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

C’est ce projet, intitulé « De la roumaniation à la nationalisation : l’antisémitisme et l’institutionnalisation de l’économie roumaine (1940-1954), qu’il présentera succintement en ouverture du séminaire d’Eur’orbem du 7 novembre.


Roman Krakovsky (Université de Genève) :
- Le populisme en Europe centrale

Trente ans après la chute du communisme, l’Europe centrale et orientale est devenue un des foyers des populismes européens qui proposent de réorganiser les sociétés selon les principes illibéraux, en renforçant le rôle de l’État au détriment des contre-pouvoirs et en réorganisant le « peuple » selon le principe d’appartenance ethnique. Pour comprendre ce paradoxe, il faudrait replonger dans l’histoire, car le populisme n’est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l’Europe. Cette approche de longue durée permet de souligner que le peuple a été souvent construit sans la démocratie et la modernisation réalisée sans le libéralisme. Au travers de l’histoire du populisme centre-est européen se dessine ainsi l’histoire d’une autre modernité, à distance de la démocratie libérale et du rôle téléologique qu’elle occupe dans les récits occidentaux.

Roman Krakovsky est historien, enseignant à l’Université de Genève. Spécialiste de l’Europe centrale et orientale, il a notamment publié Réinventer le monde. Le temps et l’espace en Tchécoslovaquie communiste (Publications de la Sorbonne, 2014), L’Europe centrale et orientale de 1918 à la chute du mur de Berlin (Armand Colin, 2017) et Le Populisme en Europe centrale et orientale. Un avertissement pour le monde (Fayard, 2019).


Audrey Kichelewski(Université de Strasbourg) :
- Entre justice, histoire et mémoire : les procès de criminels de guerre en Pologne populaire (1958-1989)

Dans le sillage des procès d’Eichmann et ouest-allemands contre les criminels nazis, on observe à partir des années 1960 une recrudescence de l’activité judiciaire également à l’est du rideau de fer, notamment en Pologne, contre des collaborateurs nationaux des nazis. Moins connus que leurs homologues ouest-européens ou vus exclusivement sous le prisme de l’instrumentalisation politique, ils ont pourtant contribué à façonner les représentations de la Seconde guerre mondiale et permis au régime de se légitimer comme le metteur en scène d’une justice véritable. Il s’agira d’étudier ces procès dans leurs dimensions socioculturelle, symbolique, mémorielle et transnationale au regard des circulations entre Est et Ouest et au sein du bloc de l’Est des pratiques et des imaginaires de la justice.

Audrey Kichelewski est maîtresse de conférence en histoire contemporaine et chercheuse associée au Polish Center for Holocaust Studies (Académie polonaise des Sciences), Membre junior de l’Institut Universitaire de France pour la période 2019-2024 et co-directrice de la Revue d’histoire de la Shoah, Lauréate du prix scientifique 2018 "Les espoirs de l’Université de Strasbourg" et de la Médaille de Bronze du CNRS. Ses domaines de recherche sont : l’histoire juive, l’histoire du communisme, la socio-histoire, l’histoire de la mémoire et l’histoire des violences de masse et génocides. Elle a notamment publié Les survivants. Les Juifs de Pologne depuis la Shoah, préface de Jan T. Gross, Paris, Belin, coll. Contemporaines, 2018 et tout récemment avec Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wieviorka, Les Polonais et la Shoah. Une nouvelle école historique, Paris, CNRS éditions, 2019.

- Programme 2019-2020